QUAND LES FREELANCES BOUSCULENT LE SALARIAT.

Il sera assez fréquent de trouver sur ce blog des articles liés au statut d'indépendant; aux freelances, véritable mouvement qui s'apparente plus à un mode de vie qu'à une mode passagère. En effet, au gré des mes lectures et inspirations, il m'arrivera de partager avec vous des articles que j'aurais trouvé très intéressant.

C'est donc dans cet optique que je vous résume un excellent billet de Fabien SOYEZ publié dans la magazine "Socialter" de ce mois-ci; le hors-série spécial Freelance conçu comme un guide des indépendants en 2018 avec toutes les tendances émergentes.

Dans une de mes Newsletter (à laquelle vous pouvez vous inscrire à la fin de cet article si vous souhaitez connaître mes expériences et mon vécu en tant que Freelance depuis quatre an et pouvoir ainsi vous inspirer des choses à faire .... et ne pas faire !), je vous parlais de mon expérience de vie justement dans le monde du salariat, et de cette attirance que j'avais vers celui des freelances pour des raisons qui m'étaient encore inconnues à l'époque.

Aujourd'hui le nombre des indépendants ne cesse de croître; ils décident de leur emploi du temps, choisissent leur lieu de travail, définissent leurs missions. Porté par l'essor du numérique, les freelances sont déjà un phénomène de société tellement important que la question qui se pose vraiment en ce moment est : iront-ils jusqu'à remettre en question l'institution qu'est le salariat?

Mais qui sont vraiment ces freelances, et d'où viennent-ils?

A en croire le discours ambiant, tout le monde devient indépendant, freelance, auto-entrepreneur ou start-uper, un mélange des genres qui masque souvent des réalités bien différentes.

Aux Etats-Unis, le mot recouvre 35% de la population active car il concerne tous les travailleurs indépendants du pays, qu'ils soient avocats, artisans, agriculteurs, médecins, chefs d'entreprise....
En France, la définition officielle est différente, la majorité des spécialistes et des acteurs du freelancing suivent la définition de l'EFIP (European Forum of Independent Professionals), une fédération d'associations de freelances qui définit les "IPros" comme des "travailleurs sans employés, exerçant une activité de service et/ou de prestation intellectuelle dans les secteurs ne relevant pas de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce."

En d'autres termes, des travailleurs hautement qualifiés qui offrent leurs services aux entreprises directement, sans passer par une tierce personne.
Toujours d'après l'EFIP, "il s'agit du groupe qui connaît la croissance la plus rapide sur le marché du travail de l'UE. Le nombre de freelance augmente en France de 11.5%, une hausse colossale face aux CDI et CDD qui, de leur côté, stagnent."

Changement de Paradigme !

Comment expliquer cette montée en puissance des freelances?

 D'abord par la création en 2008 du statut d'auto-entrepreneur qui a poussé les plus indécis à sauter le pas.
Ensuite par le développement de l'économie numérique, qui permet aux sociétés de travailler "en mode projet" et d'externaliser les tâches ne faisant pas partie de leur coeur de métier.

La dynamique comprend aussi une dimension "culturelle" et générationnelle, de nombreux jeunes souhaitant travailler de façon plus autonome et éviter les relations hiérarchiques.
Laetitia Vitaud, spécialiste des évolutions du travail et auteure d'études sur le sujet précise que "ces travailleurs, souvent talentueux, ont un fort désir de sens, d'épanouissement et d'accomplissement au travail, en plus d'une exigence de liberté; autant de choses plus faciles à trouver hors du salariat."

Effectivement, contrairement à ce qui est dit parfois, les IPros ne le sont pas par obligation mais par choix et la grande majorité ne souhaite pas revenir au salariat, même si on leur proposait un CDI.
Il s'agit d'un véritable changement de paradigme; aujourd'hui les travailleurs veulent s'épanouir dans leur travail malgré toutes les difficultés et écueils que traverse le freelance indépendant. Ce n'est pas un buzz, mais un véritable bouleversement sociétal face à un salariat en déclin.

Une protection sociale encore fragile.

Sous ses dehors de liberté et d'indépendance, le monde du freelancing cache pourtant une réalité plus crue: la concurrence est rude, il faut apprendre à se vendre, à gérer sa marque, ses services et c'est là que l'on se heurte à une série de difficultés structurelles.

En effet, la protection sociale des indépendants est longtemps restée minimaliste et dysfonctionnelle. Début 2018, le RSI (véritable aberration du système de cotisations soit dit en passant) a été remplacé par la "Sécurité Sociale des Indépendants" gérée par le régime général de la Sécurité Sociale mais déjà des voix s'élèvent pour critiquer un système encore trop fragile et très complexe.

Reste aussi la question, cruciale, de l'ouverture des Droits au chômage en cas de perte d'activité, une promesse de la campagne d'Emmanuel Macron. Prudent, le gouvernement réfléchit en ce moment à la possibilité de mettre en place une indemnisation forfaitaire plutôt que contributive? Autrement dit, une somme fixe, la même pour tous de 700 euros par mois pendant un an, constituant une sorte de "filet de sécurité".
Cela s'avère d'emblée insuffisant car il faudrait à mon sens créer un système proche de celui du régime des intermittents du spectacle avec une sorte de revenu de base versé seulement pendant les mois difficiles.

Un regard négatif tenace.

Second obstacle de taille pour les freelances: l'accès au logement. En effet, les assurances, les établissements de crédits et les bailleurs immobiliers continuent de se méfier du freelancing; ils ont du mal à comprendre de quoi il s'agit, et de ce fait, une banque préférera toujours quelqu'un en CDI ou un fonctionnaire, même si vous gagnez 100 000 euros par an en tant que freelance !

Face à cette marginalité tenace, la résistance s'organise, notamment à travers des start-up qui se donnent pour objectif de faciliter la vie des freelances comme WEMIND, première mutuelle destinée aux IPros et qui propose une protection similaire à l'assurance chômage; une couverture en cas de problème de santé; une garantie logement (elle s'engage ainsi auprès des propriétaires à prendre en charge les loyers en cas d'impayés).

Alors face à ces "clichés" généralisés, comment transformer l'image négative des freelances, souvent perçus comme les symboles d'une nouvelle précarité?
Alors que le salariat continue de dominer nos représentations du travail, il est essentiel de "starifier" les IPros.  En effet, je pense profondément que si on présente des cas de succès, en montrant combien les gens sont heureux et ne veulent pas revenir au salariat, alors le regard du public et des institutions changera.

Vers un monde de freelance ?

Selon Charles Thomas, tous ces obstacles finiront un jour par sauter, et en se basant sur une étude de la Commission européenne, celui-ci prédit qu'en 2030 la moitié des travailleurs de l'UE seront indépendants!
Nous vivrons dans une société "où nous passerons du salariat au freelancing au gré de nos envies et de nos besoins".

Selon  Hind Elidrissi, cofondatrice de Wemind:

 "Le monde du travail finira par se rapprocher des aspirations des nouvelles générations. Pour autant, même si le salariat (né avec la Révolution Industrielle) correspond de moins en moins post-industriel, il ne devrait pas pour autant disparaître.
En effet, tout le monde n'est pas fait pour être freelance, et les entreprises auront toujours besoin d'équipes internes et durables. Mais le salariat finira par évoluer pour se rapprocher, en termes d'autonomie et d'épanouissement, de ce que cherchent les gens dans le freelancing: les deux formes de travail cohabiteront tout en se rapprochant.... car les entreprises seront forcées de tenir compte du boom des freelances, et de faire évoluer leurs modes de travail et de management".


Résumé de l'excellent article écrit par Fabien Soyez dans le magazine Socialter spécial Freelances.






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