LE "BLURRING" OU L'EFFACEMENT DE LA FRONTIERE ENTRE VIE PRIVEE ET VIE PROFESSIONNELLE.

Je vous avais annoncé dans un précédent article "Quant les freelances bousculent le salariat", que vous pourriez trouver également dans ce blog une thématique dédiée au monde des freelances; au statut d'indépendant.

Je me rends compte, en regardant de plus près tous les articles que cela fait un moment que je n'ai pas traité ce sujet justement. C'est pourquoi cet article portera sur une problématique qui nous concerne ou nous concernera tous à un moment de notre parcours, de près comme de loin: le "blurring" ou l'effacement de la frontière entre vie privée et vie professionnelle !


                                                   


Entre impératif de productivité, heures sup' le week-end et réseautage permanent, le freelance peine à compartimenter les différentes sphères de son quotidien.
C'est une réalité plus présente qu'on ne veut bien le croire chez beaucoup d'indépendants, et tout comme nous devons trouver des solutions à nos clients; nous devons en trouver également pour nous-mêmes, et le plus souvent sans pouvoir anticiper cette action.

Du travail sans frontière aux Freelances sans repères, il n'y a qu'un pas: le blurring ou brouillage des pistes est omniprésent: restons vigilants et avertis !


Photographe Immobilier et Hôtelier de Prestige et Atypique/ Photographe de Décoration d'intérieur/ Stéphane Mommey Photographe


Le chant des sirènes...

Le monde des freelances est un monde en pleine expansion et qui fait rêver beaucoup d'entre nous. En discutant avec des salariés qui souhaitent franchir le pas (ou pas), je me rends compte qu'il y a deux fantasmes très fort qui coexistent étroitement pour ce choix de vie, et c'est plutôt soit noir soit blanc, sans demi-mesure.

En effet, soit le "freelancing" effraie fortement car c'est l'inconnu total avec la perte de toutes nos habitudes et repères, soit c'est un monde enchanteur et féerique où tout est possible et dans lequel on pourra s'y épanouir sans complexe!
Je comprend ces deux points de vue et ressentis, étant moi-même passé par là, sauf que la réalité est plutôt mitigée, sans réelle frontière et plutôt même avec une certaine porosité entre ces deux croyances.

Une des raisons fondamentales qui fait sauter le pas à beaucoup d'entre nous est le sentiment de liberté et de flexibilité. Sentiment bien réel, je vous le confirme, et accessible rapidement. L'ancien salarié se retrouve très rapidement libéré du joug de son employeur et livré à lui-même face à ses responsabilités et nouvelles obligations de freelance.
Sentiment on ne peut plus euphorique et compréhensible car l'acceptation d'un nouveau défi; d'une nouvelle aventure est toujours électrisant et exaltant.

Et c'est vrai que cette aventure est enrichissante par biens des aspects; un projet d'une telle envergure ça vous change un homme ou une femme, et comme souvent, le chemin parcouru pour atteindre notre objectif est plus important que le but lui-même.

Chez les "nouveaux indépendants", ce sentiment a été plus fort que leurs peurs et croyances limitantes, et c'est ce qui leur a fait sauter ces verrous pour leur permettre d'avancer, d'évoluer. C'est une excellente chose ! On se sent et l'on est de facto réellement plus fort dans sa tête. L'acquisition d'un nouveau Mindset est en place pour nous permettre de conquérir de nouveaux territoires (j'en parle dans ma "Newsletter réaliste #7". Je vous invite d'ailleurs, cher lecteur, à vous y inscrire si vous souhaitez lire le parcours d'un freelance - le mien - afin de pouvoir y puiser des conseils et peut-être des pistes de réflexion pour votre cheminement.)

La mise en place d'un plan d'action, la prise de fonction de notre nouveau statut, couplé à cette nouvelle liberté doit rapidement être dominée et maîtrisée si l'on veut pouvoir avancer sans trop de casse.

Car bien entendu, certains éléments et événements non prévus vont faire leur apparition et comme dans toute bonne chose, il y a son pendant négatif. Il faut en être conscient, s'y confronter et savoir le contourner !


Photographe Immobilier et Hôtelier de Prestige et Atypique/ Photographe de Décoration d'intérieur/ Stéphane Mommey Photographe

La servitude volontaire.

Pour beaucoup de freelances, chaque matin c'est la même routine: s'asseoir à son bureau, dans la chambre ou dans le salon et ouvrir son ordinateur pour commencer à travailler.
Cette situation complètement anodine et normale comporte toutefois un inconvénient de taille:
  • la frontière entre la vie privée et professionnelle devient très vite fine et ténue !
En effet, force est de constater que pour ceux qui n'auraient pas d'organisation quasi militaire ni d'horaires fixes, cet endroit de travail qu'il partage avec leur vie privée peut également facilement et très rapidement se transformer en salle de ciné ou de jeux vidéos !

D'un autre côté, on peut aussi être amené à consulter à tout moment ses mails professionnels ou ses réseaux sociaux le soir ou le week-end.

Cette porosité, si elle difficilement ignorée lorsqu'on se lance, peut doucement mais sûrement nous amener à confondre notre identité propre avec notre personal branding.
Aujourd'hui, de nombreux travailleurs indépendants éprouvent des difficultés à compartimenter les différentes sphères de leur vie. Le brouillage inhérent à toute activité de freelance s'est intensifié avec l'utilisation des nouveaux outils de communication, rendant chacun disponible à toute heure et le travail toujours à porté de smartphone !

Identifier le phénomène, le prendre en compte comme quelque chose de réellement palpable demande du temps, car libres de tous les cadres habituellement imposés par l'entreprise, les freelances doivent instaurer eux-mêmes leurs propres repères et limites, ce qui n'est pas toujours aisé !

L'impossible déconnexion, si ordinaire soit-elle aujourd'hui, n'en est pas moins problématique. Poussée à l'extrême, elle s'assimile à une forme de servitude volontaire aux yeux de certains spécialistes.
Pour Caroline Diard, professeure en management des ressources humaines, c'est d'abord un risque pour la santé mentale et physique du travailleur:
 "Quand on a une telle imbrication du temps de travail dans le temps personnel, les gens ont énormément de difficulté à lâcher prise. Cela peut conduire à des situations à la limite du burn-out. Lorsqu'on travaille chez soi, il y a une intrusion de l'univers professionnel qui peut entraîner des confusions et des conflits. Les tiers-lieux comme les espaces de coworking sont une réponse à cette problématique. Avoir une pièce dédiée est un minimum."

Photographe Immobilier et Hôtelier de Prestige et Atypique/ Photographe de Décoration d'intérieur/ Stéphane Mommey Photographe

La nécessaire discipline.

Le fait d'être Freelance/ Indépendant/ Solo-entrepreneur etc... apporte une dimension supplémentaire et différente de ce qu'on a connu jusqu'à présent et ceci est dû en grande partie à la disparition d'un patron, d'une personne hiérarchiquement plus élevée et à qui on devrait rendre des comptes régulièrement.
Or, chez beaucoup d'entre nous, la pression de certains clients est parfois pire que celle exercée par un patron.

C'est donc a chacun d'entre nous de savoir imposer nos limites à nos clients et c'est VITAL ! Car si le droit à la déconnexion est entré en vigueur début 2017 pour les salariés, le freelancing reste encore une zone grise où le droit du travail ne s'applique pas. On peut donc facilement, et surtout au début, se "laisser vampiriser" par son travail, quitte à voir sa vie personnelle en pâtir.

Il faut donc absolument apprendre à structurer son quotidien; à s'accorder des jours de repos et à partir en vacances pour décrocher régulièrement et pleinement ! (Voir à ce sujet ma Newsletter #13 dans laquelle je partage mon calendrier des tâches quotidiennes et comment j'arrive à être structuré et méthodique).

Devenir freelance, contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est aussi et surtout savoir s'imposer des cadres, action essentielle pour garder la tête froide et supporter la charge mentale que fait peser sur nos épaules le stress par manque de client ainsi que les responsabilités et pressions financières.

                                                 


Quant tout ses repères sont abolis, trouver son équilibre demande beaucoup de temps. C'est souvent le fruit de plusieurs années de travail, de tâtonnements, d'ajustements.
De recettes individuelles surtout: ce qui nuira à une personne sera peut-être jugé positif par une autre.

Il y a une régulation entre les deux sphères qui va se mettre en place. En effet, décider de travailler seul chez soi; aller dans un tiers-lieu; s'impliquer dans un collectif de travail.... bref, recréer des repères tout en conservant sa liberté, c'est une mission d'équilibriste quotidienne !



Merci d'avoir lu cet article. 
N'hésitez pas à laisser un commentaire, et s'il vous plu à le partager sur vos réseaux sociaux préférés !













Commentaires

  1. Je n'avais pas pensé au blurring pour les freelances. J'avais de mon côté découvert le concept pour les travailleurs en Remote qui sont employés mais travaillent 100% du temps chez eux. Même problématique.

    Ca vaut aussi pour les entrepreneurs qui bossent de chez eux. Dans le même genre de problématique, j'ai une amie digital nomade entrepreneure qui se sent sans cesse coupable de ne pas travailer assez. "Parce qu'il y a toujours plus à faire en plus de mes tâches quotidiennes" me dit-elle. Et c'est vrai. Mais en tant qu'entrepreneur/freelance, il faut se fixer nos propres objectifs. Comme un manager ferait avec un employé pour évaluer s'il travaille suffisamment ou non.

    J'ai suggéré à mon amie de se fixer 3 objectifs hebdomadaires de choses à explorer/développer en plus de ses tâches quotidiennes. Pour mettre une limite et savoir quand être satisfait de ce qu'on a fait, et donc s'autoriser à passer aux activités de sa vie perso.

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    1. Effectivement, c'est un vrai problème-poison et pour ma part j'y suis confronté régulièrement.

      Il faut arriver à se dire que de toute façon en tant que freelance il faut du temps pour se développer et ne pas culpabiliser si on "loupe" une tâche de temps en temps. Il faut savoir le rattraper par la suite.
      Personnellement et mine de rien, mes enfants sont une vraie coupure et cela aide beaucoup.

      Des créneaux horaires leurs sont réservés, coûte que coûte et je n'ai pas intérêt à leur sucrer leur créneau, sinon gare à moi.....!

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